Charlie Dalin célèbre sa victoire dans le Vendée Globe aux Sables- d'Olonne le 14 janvier 2025. ( AFP / Loic VENANCE )
Un grand nom de la voile s'en est allé. Héros du large devenu inspiration pour de nombreux malades, le navigateur Charlie Dalin, vainqueur du Vendée Globe 2024/2025, est mort à l'âge de 42 ans à Quimper dans la nuit de mercredi à jeudi, des suites d'un cancer qu'il aura combattu jusqu'au bout.
"C'est avec une profonde tristesse que notre famille et moi-même annonçons le décès de mon mari Charlie Dalin, des suites d'une longue maladie", a annoncé sa femme Perrine Le Pape dans un texte transmis jeudi à l’AFP.
"Des hommages lui seront rendus dans les jours à venir", a-t-elle ajouté, invitant à "respecter l'intimité" de l'entourage du navigateur qui luttait depuis un peu plus de deux ans et demi contre une tumeur stromale gastro-intestinale (GIST).
Sans la médiatiser initialement, il avait emporté la maladie à bord de son Imoca, avec l'autorisation des médecins et un traitement adapté, lors sa dernière grande course : le Vendée Globe 2024/2025, tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.
Il avait rendu public son cancer en octobre dernier, dans un livre visant à aider les malades, huit mois après son arrivée victorieuse devant un magnifique soleil levant aux Sables-d’Olonne, devenant recordman de l'épreuve (64 jours 19 heures 22 minutes).
"Au-delà de l’immense marin que le public connaissait, je retiendrai un homme d’une rare exigence, animé par une volonté et une détermination hors du commun", a déclaré François Gabart, vainqueur du Vendée Globe 2012/2013, dont la structure à Concarneau (Finistère) servait de chantier pour le voilier du Normand.
"Cela me manque"
Depuis l'annonce de sa maladie, Dalin avait mis sa carrière de navigateur entre parenthèses pour passer du temps avec sa femme et son jeune fils, tout en participant à la conception du futur bateau de l’écurie Macif, équipe avec qui il a signé la plupart de ses nombreuses victoires.
"Son parcours force le respect et son souvenir demeurera une source d’inspiration pour toutes celles et ceux qui refusent de renoncer face aux épreuves", a salué dans un communiqué transmis à l'AFP Philippe Bergerot, président de la Ligue contre le cancer.
Ce natif du Havre rêvait de refaire un jour de la voile. "Ça me manque les courses, les départs, cette euphorie, cette ébullition", racontait-il mi-décembre au Casino de Paris, en recevant sous une belle ovation le titre de "Marin de l’année" à l'unanimité des votes du jury, une première dans l'histoire du trophée.
Ses deux exploits retentissants sur le Vendée Globe – en 2021/2022, Dalin avait déjà été le premier à passer la ligne d’arrivée, avant d’être reclassé 2e à la faveur d’une bonification de temps accordée à son concurrent Yannick Bestaven – l’ont fait connaitre du grand public, bien au-delà des frontières françaises.
Le prestigieux quotidien américain The Washington Post lui a consacré sa une il y a quelques mois, accompagné d'un titre à la hauteur de son parcours inspirant : "Se lancer dans la course de sa vie".
Un palmarès de géant
Charlie Dalin à bord de son Imoca 60 "Macif" juste après le passage de la ligne d'arrivée du Vendée Globe, le 14 janvier 2025. ( AFP / Loic VENANCE )
Sur l’eau, les prouesses de Charlie Dalin ne se limitaient pas à "l'Everest des mers". En un peu plus de quinze ans de carrière, il a signé de nombreux succès comme sur la Fastnet Race (2021, 2023), la Transat Jacques Vabre (2019), la Transat AG2R (2012) et bien d’autres courses de premier plan.
Double champion de France de course au large (2014, 2016), il a aussi terminé sur le podium de cinq Solitaires du Figaro, une course à étapes formatrice qu'il appréciait tout particulièrement.
"Quel combat remarquable tu as mené contre cette maladie injuste, je suis admiratif de ta persévérance et de ton optimisme jusque dans les derniers jours (...) Nos batailles sur l'eau, depuis nos premiers bords en Figaro, nous ont menés jusqu'à cette lutte acharnée sur le dernier Vendée Globe qui nous a tant fait vibrer", a salué Yoann Richomme, très proche et dauphin de Dalin sur le dernier tour du monde.
Marin pudique et discret dans le privé, pédagogue et volontiers loquace concernant sa passion, le Normand s'était forgé sur les pontons une réputation de technicien rigoureux, pugnace et résilient.
Malade, il avait choisi de continuer à croire en ses rêves : "Peu importe que ce soit un Vendée Globe ou des tours du service à pied (à l'hôpital), l'important c'est d'avoir un objectif pour avancer", confiait-il à l’AFP.

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